Mory Kanté : La guinéenne

Aujourd’hui lumière sur Mory Kanté qui nous propose un nouvel album : « La guinéenne« . Mais avant d’aller plus loin, un si grand homme mérite un rappel biographique.

Mory Kanté est né  le 29 mars 1950, en Guinée. Il est l’héritier de la tradition des griots djéli du Mandé. Très tôt, il reçoit son enseignement musical de son grand père Djéli Mory Sanda Kamissoko. A la mort de ce dernier, en 1959, le père de Mory Kanté,  El Hadj Djelifodé Kanté, prend la relève.

Mory apprend à jouer du balafon, mais son initiation en tant que jeune griot commence réellement à l’âge de 15 ans, lorsqu’il est envoyé auprès de sa tante griotte Manamba Kamissoko, à Bamako. Parallèlement à cette initiation, Mory se défoule sur les musiques du monde entier que sont le chachacha et le mambo cubain ou encore la rumba congolaise et la pop anglaise. C’est là qu’il découvre la guitare qu’il maîtrise rapidement aussi bien que le balafon. Au coeur du groupe Appolosil exprime alors sa maîtrise de ces instruments couplés au chant.

Dans les années 70, Mory est repéré par Tidiane Koné, saxophoniste et chef d’orchestre du Rail Band. Il est alors intégré comme guitariste, mais rejoint plus tard le groupe rival des Ambassadeurs.

En 1978, Mory Kanté s’installe à Abidjan et y développe son style : « J’ai opté pour les recherches sur le son des instruments traditionnels africains : le balafon, le violon, le bolon et surtout la cora. Alors que tous les orchestres s’équipaient d’instruments modernes (guitares, claviers…), je pensais qu’il était dommage de laisser cette richesse de côté.« . Il est alors repéré par Gérard Chess, directeur du label américain Ebony Records, qui produit son premier disque Courougnégné, en 1981. Très vite, Mory Kanté acquiert une renommée qui s’étend à l’ensemble de l’Afrique.

L’année 1984 signe son arrivée à Paris où il rencontra Philippe Constantin. Ce dernier lui propose un contrat de disque au travers des productions Barclay. Sans surprise, l’album « 10 cola nuts » rencontre un franc succès et les tournées internationales s’enchaînent. Mory Kanté assoit sa notoriété avec le réenregistrement de « Yéké Yéké » dans une version plus rapide, dansante et électrique intégrée dans l’album ‘ »Akwaba Beach » (1987). S’ensuit une longue carrière avec comme dates clés : 

  • 14 juillet 1990 : Mory Kanté représente la France sur une grande scène au coeur de Central Park;
  • 1991 : Mory Kanté présente sa Symphonie de Guinée à la cérémonie inaugurale de la Grande Arche de la Défense (Paris);
  • 1994 : il est couronné « Griot d’Or » à Paris et par le prix Kilimandjaro d’Africa n°1;
  • 2000 : Leonardo di Caprio fait appel à Mory pour la B.O du film « The Beach ». La même année, il est invité par le Vatican pour représenter la musique africaine;
  • 2001 : Mory Kanté est nommé ambassadeur par la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) afin de l’aider dans sa mission contre la faim et la pauvreté;
  • 2002 : Mory réalise une tournée internationale dans le cadre de la sortie de son nouvel album Tamala;
  • 2004 : il achève son nouvel album acoustique moderne, enraciné dans la tradition des griots;

Et nous voici aujourd’hui, face à son nouvel album : la guinéenne, un véritable retour aux sources. Cet album est un voyage musical rythmé par sa kora électrique, constituant un hommage aux femmes africaines. Mory Kanté y dépeint la société humaine dans son actualité avec une dominance du thème de l’amour, notamment dans le titre « Oh oh oh ».

Je pourrais continuer par un long discours, mais qui mieux que Mory Kanté peut vous présenter ce nouvel album au travers de la vidéo suivante : 

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